3 questions à Jérémie Beyou « Les Runs, c’est vraiment un moment magique »

Trois fois vainqueur du Défi Azimut Lorient Agglomération, Jérémie Beyou revient cette année plus motivé que jamais aux côtés de Morgan Lagravière. Objectif ? La gagne !
Tu as remporté le Défi ici en 2023 avec Franck Cammas sur Charal. Comment s’est passé le rapprochement avec Morgan ?
“Nous n’avions jamais vraiment navigué ensemble, mais on se croise tout le temps sur les plans d’eau de kite et de wing et nous avons une bonne connexion. Son profil m’intéressait car nous avons des approches très complémentaires. Avec Franck finalement, nous avions le même profil de marins-metteurs au point. Maintenant, avec Morgan, la répartition est différente. Il s’occupe de la perf, je me penche plus sur la stratégie. C’est quelqu’un qui se nourrit de chiffres mais conserve une grande sensibilité.”
Aujourd’hui, c’est la première épreuve des Runs, c’est un format que tu as contribué à rendre très populaire avec les premiers vols en IMOCA sur Charal 1 en 2018…
“Oui les Runs, c’est vraiment un moment magique. Et il faut rendre à César ce qui lui appartient. C’est Jean Marie (Corteville) et Azimut qui ont inventé ce format qui a depuis été largement repris par beaucoup de courses. C’était avant-gardiste et c’est vrai que sur Charal 1, on avait fait le show en 2018. Le bateau venait juste d’être mis à l’eau et je peux te dire qu’à l’époque, on se demandait un peu ce qui nous arrivait ! Le bateau cabrait et partait en ruades, ça sonnait dans tous les sens, c’était chaud mais les images ont fait le tour du monde ! Et l’année d’après, avec le mode d’emploi du bateau, on l’a emporté !”
Depuis le Vendée Globe, quelles améliorations as-tu apporté à Charal pour espérer l’emporter ici puis dans la Transat Café L’ Or ?
“Nous avons cherché à alléger le bateau ce qui était assez facile, car sur le tour du monde, tu as beaucoup de redondances dans le matériel embarqué. Nous avons des voiles neuves et nous avons beaucoup travaillé sur le système de barre pour rendre le bateau plus facile à prendre en main. L’analyse que l’on fait des dernières transats avec Morgan, c’est que la capacité à barrer, notamment dans les alizés, peut faire la différence. C’est comme ça qu’avec Thomas (Ruyant), ils l’ont remporté la dernière édition et peut-être celle d’avant d’ailleurs. Les pilotes ont énormément progressé, mais ils ne sentent pas si on est à la limite du décrochage quand le bateau vole. Les plantés sont plus violents que lorsqu’on prend la main. Pour ça, il faut avoir un poste de barre adapté et un système de gouvernail permettant d’enchaîner les heures de barre, ce qui n’était pas le cas dans la configuration initiale du bateau.”