ASSOCIATION PETITS PRINCES-GROUPE QUEGUINER

• Des leaders en avance sur les routages pour une arrivée prévue au lever du jour samedi • Contesté sur le premier bord, Macif Santé Prévoyance, désormais intouchable au près, contrôle bien la flotte avec près de 20 milles d’avance. • La dorsale anticyclonique rallonge sérieusement la course des IMOCA à dérives

Il aurait fallu une caméra et un gros projecteur à la bouée BXA la nuit dernière au passage des leaders, déboulant à 25 noeuds vers la marque. Très incisif, Ambrogio Beccaria prenait le lead plusieurs minutes pour laisser passer en tête de quelques mètres Sam Goodchild, plus prompt à la manoeuvre. 

Du spectacle et du match, il y en a eu en tête et à tous les étages du classement, avec de petites variations de vent imposant de ne jamais baisser d’intensité. « De temps en temps, j’allais vite mais il y a eu pas mal de petites transitions et je suis un peu déçu de m’être fait décroché » avouait Sébastien Simon ce matin. Son Groupe Dubreuil-Air Caraïbes tout juste sorti des moules est pourtant bien typé pour ces allures appuyées avec sa double carène signée Guillaume Verdier. L’architecte intervenait justement ce matin à la Cité de la Voile Eric Tabarly lors des conférences consacrées à l’innovation, organisées dans le cadre du Défi Azimut, comme c’est la tradition le vendredi 

Un leader naturel et de beaux matchs à l’arrière

Le niveau de maîtrise des skippers et le travail des équipes laisse visiblement encore de beaux jours à ces foilers 2022 qui n’oublient pas d’évoluer eux non plus. « On navigue à 18-19 nœuds de vitesse à 65 degrés au vent, et je découvre un peu ces conditions avec les autres bateaux. J'ai l'impression qu'on va très, très fort par rapport à l'année dernière, ou à la Vendée Arctique » confirmait ce matin Ambrogio Beccaria. Pour rappel, l’équipe d’Allagrande Mapei a gagné plus de 500 kg sur l’ancien Vulnérable de Thomas Ruyant et implanté de nouveaux foils plus longs. Avec Charal dans sa roue, l’italien tenait le rythme imposé par Sam Goodchild jusqu’à ce que le vent faiblisse dans la matinée. Dans le medium puis les petits airs sur un fond de houle, le franco-britannique collait une douzaine de milles à ses poursuivants en l’espace de cinq heures, histoire de rappeler qu’au près, Macif Santé Prévoyance reste le patron !

Le sans faute de Sam Goodchild ne doit pas occulter les jolis matchs qui se jouent dans son sillage en ce moment. Comme celui qui oppose Violette Dorange (Initiatives Coeur) et Elodie Bonafous (Asssociation Petits Princes-Groupe Quéguiner). « J’étais très satisfaite de ma vitesse sur le premier tronçon racontait à midi Violette dans un vocal envoyé par son OBR Josselin Didou. Maintenant, je navigue à vue avec Elodie mais aussi Jérémie (Beyou) et Corentin (Horeau). Avec la grosse houle et le peu de vent, ce n’est pas évident de faire avancer le bateau mais ça fait aussi un temps calme bien appréciable en milieu de course, parce qu’après la dorsale le vent ne va faire que se renforcer ».

Course à rallonge

Ce paquet de tête virait de bord en milieu d’après-midi et l’élastique continue à se tendre  inexorablement avec les cinq derniers bateaux. Manuel Cousin ferme la marche et n’a pu tenir le bon rythme imprimé par les dériveurs. En tête du groupe Café Joyeux régate au coude à coude avec Résilient, à bord duquel Pierre Louis Attwell navigue sans complexe pour sa première course en IMOCA. 

A l’heure où nous bouclons ces lignes, la Direction de course continuait à faire tourner des routages pour voir comment ce petit groupe pourrait se dépêtrer de la dorsale. Le meilleur des scénari les place au way-point Azimut à 13 heures samedi. En prévision d’un final à rallonge car le vent va nettement faiblir samedi sur le proche Atlantique, un avenant aux instructions de course a été communiqué hier pour repousser la fermeture de ligne à dimanche 10 heures.