Peu de vent, beaucoup de rebondissements ?

Du petit temps, un petit parcours, mais une grosse bataille, que les douze duos en lice abordent avec beaucoup d’humilité ; incertitudes obligent.
Course des premières découvertes pour les marins de Café Joyeux et des P’tits Doudous, les 48 Heures Azimut, dont le départ est donné ce jeudi à 15h30, offre aussi une dernière opportunités aux duos, accompagnés par un.e reporter embarqué.e, de prendre leurs marques et se caler avant la prochaine transat en double. Et aux tandems des bateaux à dérives de sortir leurs épingles du jeu sur un parcours annoncé tactique et propice aux rebondissements. Morceaux choisis de ce que les uns et les autres en pensent, avant de rejoindre les pontons de La Base et le pont de leur bateau….
Nicolas D’Estais (Café Joyeux) : excitation, joie, humilité
« C’est notre première course en IMOCA. On ne va pas très loin, je connais les endroits où on va, mais je ne connais ni le bateau, ni les concurrents. On rentre dans la cour des grands, on va dire ! Je ressens beaucoup d’excitation et de joie, c’est beaucoup de travail pour en arriver là. Ça reste un projet compliqué à créer, à gérer…
Plus le vent est faible, plus les écarts entre les bateaux sont petits… Il y a donc moyen de rivaliser avec les bateaux les plus rapides de la flotte. Mais ce sera notre 6è sortie à bord du bateau avec Simon (Koster). On part tellement de loin, qu’on se met zéro pression en termes de résultat.
Au début, on devrait partir au portant, ce qui est plutôt bien parce qu’on a un spi et que les bateau est plutôt bon dans des vents légers. Ensuite, au près, avant que le vent rentre avec l’arrivée d’un front sur la fin, cela devrait être pas mal aussi. Jusqu’à l’arrivée de ce front, on a vraiment une carte à jouer, et des bonnes armes…
Le premier objectif, c’est de ne pas faire de grosse bêtise. On va aussi apprendre à se connaître, avec Simon, et on y va avec beaucoup d’humilité. »
Lois Berrehar (Macif Santé Prévoyance) : peur de personne, se méfier de tout le monde
« Je suis avec des Anglais et pour qualifier la configuration météo, ils disent « messy » ! Le vent sera léger, et il y aura sûrement plein de rebondissements sur une régate assez côtière. Il n’y aura pas beaucoup de vent sur la route et beaucoup d’incertitudes. Il va falloir garder la tête dehors pour regarder ce qui se passe dans le ciel et rester en alerte.
Les foilers ne vont pas beaucoup voler… Macif est un bateau assez léger, donc assez polyvalent. Et je suis sûr que les bateaux à dérives vont nous challenger. En réalité, ils traînent moins d’eau, et dans ces conditions, ça peut marcher aussi bien, voire mieux. Il ne faut avoir peur de personne, mais se méfier de tout le monde ! »
Ces 48 heures nous offrent aussi une opportunité de naviguer vraiment tous les deux avec Sam… On est quand même en mode deux solitaires qui savent à peu près tout faire, même si Sam a beaucoup plus d’expérience que moi en IMOCA. L’idée, mêle s’il reste le skipper, c’est d’avoir une réflexion collégiale et de partager à max pour se caler au mieux en vue de la transat, que ce soit pour les réglages, la stratégie, ou encore les checks techniques du bateau. À la fin de ces 48H, on aura sûrement une idée plus précise de notre mode de fonctionnement. »
Armel Tripon (Les P’tits Doudous) : On va y aller progressivement, prendre nos marques
« Avec Tanguy, nous sommes très contents de ne pas partir dans la brise avec ce nouveau bateau. On va y aller progressivement, prendre nos marques, c’est le temps idéal pour se comparer aux autres, essayer des choses, comprendre le bateau. Nous avons pris un spi pour la première nuit. On est vraiment dans le range de cette voile au vent arrière et je pense que toutes les équipes en ont un à bord. On l’a encore jamais essayé, c’est une voile d’occasion, ça va être la découverte !
Les Runs d’hier étaient rassurants. On savait que le bateau se comportait bien mais la météo n’était pas forcément la plus favorable à notre carène ; et on s’en est bien tiré. Notre troisième place fait plaisir à toute l’équipe, aux invités, à l’association, aux mécènes. C’est la récompense de beaucoup d’efforts pour faire naître ce joli bateau.»
Louis Duc (Fives Group Lantana Environnement) : heureux de faire ce Défi ensemble
« C’est sûr que pour nos bateaux à dérives, ces conditions sont meilleures que 25 nœuds au reaching ! Mais il faut se méfier des foilers. À deux nœuds de vent près, ils peuvent doubler leur vitesse. Le schéma annoncé fait que ça va vraiment mollir par devant et peut être revenir par derrière. Je n’ai pas d’espoir de doubler les foilers, mais d’avoir une arrivée groupée et ne pas terminer dix heures après tout le monde, ce serait sympa.
Et puis, naviguer dans du vent léger, c’est idéal pour bien régler le bateau sans prendre de risque, régater. Nous avons deux autres IMOCA à dérives avec un nouveau venu Nicolas d’Estais qui a un super bateau, ça va être intéressant de se confronter, se bagarrer avec ces gars qui sont déjà bien expérimentés. De toute façon, je profite de toutes les courses, de tous les moments où on navigue sur ces IMOCA, ce sont des moments privilégiés, en tant qu’équipier ou skipper.
Souvent, on ne s’en aperçoit qu’à la fin des projets, donc il ne faut pas bouder son plaisir, d’autant que c’est probablement notre avant dernière course à bord. Avec Marie (Tabarly), notre binôme est bien rodé. Nous sommes heureux de faire ce Défi Azimut ensemble. Nous devions le faire il y a quatre ans, mais le bateau n’était pas prêt. Je suis ravi d’être à ses côtés. On a commencé nos histoires chacun de notre côté, on avait chacun quelque chose à se prouver; on revient ici avec chacun notre tour du monde sous le bras. Un lien d’amitié s’est noué ; et nous sommes ravis d’en découdre »