Et à la fin, c’est Macif qui gagne !

De l’avis de tous, Sam Goodchild était intouchable cette année où il empoche pour la deuxième fois consécutive les 48 Heures Azimut. Derrière Macif Santé Prévoyance, les favoris sont au rendez-vous. Davy Beaudart (Bureau Vallée) et Nicolas d’Estais (Café Joyeux), sont attendus dans la soirée et demain, alors qu'on dénombre cinq abandons.
C’est bien avant l’heure des croissants que Sam Goodchild a fait son entrée ce matin à Lorient La Base. Rassasié de ces 556 milles avalés en un peu moins de 39 heures, le franco-britannique, rarement coupable d'auto-satisfaction, savourait de s’être hissé à la hauteur de son plan Verdier, « idéal pour ce genre d’exercice » avant de glisser comme un aveu : « Oui, c’était la course parfaite ». Une façon de dire en langage de sportif qu’elle était conforme au plan établi 48 heures plus tôt avec son équipe : partir très fort et profiter de chaque opportunité pour creuser dans un scénario météo qui, on le savait avant le départ, servirait toujours plus généreusement les bateaux de tête.
Gros rythme
Le rythme imprimé par Sam Goodchild a impressionné ses concurrents, même les mieux placés à l’image de Jérémie Beyou, troisième sur Charal qui reconnaissait que « la première place n’était pas disputable ». « C’était une course de reprise et je manquais d’automatismes, constatait le vainqueur de la dernière Transat en double. Pendant une heure et demie, je me suis vraiment cherché sur les réglages. À ce moment là, Sam est un peu parti, tout comme Ambrogio ».
Pour Ambrogio Beccaria justement, très beau deuxième, tout s’est joué après la bouée BXA, première marque de parcours au large de la Gironde, quand le vent a molli : « le bateau de Sam reste le plus incroyable de l'histoire dans ces conditions-là ! C'est un avion au près. Il met au moins un nœud au meilleur bateau de la flotte, et il allait deux nœuds plus vite que moi ! » racontait le milanais, bon conteur bon skipper, légitimement satisfait de ses 48 Heures « bien contrôlées ».
Contrôle
De contrôle, du bateau et de ses émotions, il en était beaucoup question chez les marins dont les arrivées se sont succédé toute la journée à Lorient la Base. 4ème sur MACSF, Corentin Horeau espère « gagner en confiance et en automatismes pour suivre le rythme des leaders ». De son côté, Violette Dorange qui avait « un peu peur de se faire distancer dans le premier bord » constatait : « même si je perdais un peu, je tenais ». La jeune femme livre une prestation très solide, 5ème à bord de son Initiatives Coeur qu’elle n’a pris en main que cette année.
Tous étaient venus s’étalonner et c’est sans doute encore plus vrai pour Sébastien Simon qui étrennait en course son nouveau plan Verdier. 7ème à Lorient, le skipper de Groupe Dubreuil - Air Caraïbes disait en arrivant : « En dépit du résultat un peu frustrant pour un compétiteur, je pense qu’on a bien fait de travailler dur pour être présent sur ce Défi Azimut. Le bateau a vraiment du potentiel, même s’il reste beaucoup de travail pour réussir à exploiter tout. Je suis plutôt satisfait des choix ergonomiques, j’ai passé toute la nav, sans mon ciré, en chaussettes dans mon cockpit ! »
A chacun sa course
A l’heure où nous bouclons ces lignes deux concurrents bataillent encore en mer. Davy Beaudart sur Bureau Vallée qui devrait arriver au ponton à la tombée de la nuit et Nicolas d’Estais, qui pourrait parvenir à franchir la ligne avant sa clôture demain dimanche à 10 h. Très retardé par la dorsale, le skipper de Café Joyeux s’accroche pour terminer le parcours. Cinq autres skippers dans sa position, Masa Suzuki (Milaï), Manuel Cousin (Coup de Pouce), puis Armel Tripon (Les P'tits Doudous), Pierre-Louis Attwell (Résilient) et enfin Sébastien Marsset (Foussier), ont fait le choix la nuit dernière, de rentrer à Lorient en route directe et de ne pas être classés pour profiter du troisième acte du Défi Azimut.
Le fameux Tour de Groix dont le départ sera donné à 13 h 00 demain permettra à tous de renouer avec le partage sur leurs IMOCA avec partenaires et invités à bord.