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À l’image de ce jeudi de revendications sociales, le doute persiste quant aux réelles intentions d’Eole. Assurera-t-il un minimum syndical à la flotte tout au long du parcours rectangulaire concocté par la direction de course ? Rien est moins sûr dans un contexte anticyclonique où l’arrivée d’un front progressant tout doucement vers le golfe de Gascogne, n’est annoncé que pour samedi.

« La météo n’est vraiment pas calée », souligne Francis Le Goff, le directeur de course, qui s’est notamment fié aux modèles de Météo France (Arome, Arpège) pour dessiner un tracé de 250 milles  invitant la flotte à jouer avec les effets de site. Place donc à un petit parcours, presque deux fois plus court que celui de 455 milles au programme l’année dernière. Mais, il a bien fallu composer avec les fichiers qui misent sur un vent moyen de 7 petits nœuds, menaçant de s’écrouler complètement par moments, et dont le timing du retour par l’ouest laisse encore planer beaucoup d’incertitudes.

 Dans ce contexte, c’est néanmoins une régate d’une belle intensité tactique qui se profile à l’horizon. Les conditions clémentes, mais complexes permettront à tous d’y trouver leur compte, y compris les anciens IMOCA à dérives, tant au niveau du fonctionnement du binôme, que dans la découverte du bateau, ou encore des bons réglages. Et ce n’est ni Armel Tripon sur le tout nouveau Les P’tits Doudous, ni Manu Cousin qui étrenne pour la première fois en course son foilers Coup de Pouce, qui diront le contraire.

 Pas plus que Lois Berrehar, pas mécontent du niveau de compétition attendu : « Il y aura sûrement plein de rebondissements sur une régate assez côtière. Il va falloir garder la tête dehors pour regarder ce qui se passe dans le ciel », indiquait le co-skipper de Sam Goodchild à bord de Macif Santé Prévoyance avant le départ. « Dans le petit temps, il faudra rester très concentré pour jouer les bascules et les petits transitions », confirmait quant à lui  Xavier Macaire, associé à Justine Mettraux sur  Teamwork- Team SNEF

Ronger son frein jusqu’à Sein

Aussitôt dit, aussitôt fait, puisqu’au top, à 15h30, dans un flux de 7-8 noeuds orienté au sud-est, c’est dans le bon tempo que s’élance le double mixte, sur les talons du tandem Beyou-Lagravière (Charal), bien positionné en pointe sur la ligne pour attraper la primeur de petites et courtes risées. Tout l’enjeu consiste maintenant à ne pas traîner sur le tronçon de 80 milles , qui mène à l’Occidentale de Sein. Une première marque de parcours, qui pourrait, selon les routages les plus pessimistes, se faire désirer  jusqu’au petit jour demain ! 

C’est dire qu’il faudra garder la tête froide et ne pas perdre patience, notamment en deuxième partie de nuit, où le courant plus marqué pimentera encore le jeu à la pointe de Bretagne. 

Ce soir, dans le Nord des Glénan, Charal menait toujours la flotte au large suivi comme son ombre par Teamwork Team Snef et 4Cad La Mie Câline (Benjamin Dutreux- Arnaud Boissières), alors qu’en deuxième rideau, certains semblaient vouloir plonger sous l’archipel. Une première séparation de trafic qui confirme bien la formule de Lois Berrehar : « sur ces 48 Heures, il ne faut avoir peur de personne, mais se méfier de tout le monde ! »

 

Erratum 

Rendons au bateau impérial ce qui lui appartient !

Contrairement à ce que nous avons écrit hier, ce n’est pas Sam Goodchild qui l’a emporté sur son précédent bateau au jeu des runs l’an passé, mais bien Charlie Dalin. La faute à un mauvais pointage, lors de la finale en 2024 qui avait fait l’erreur de créditer le Britannique du meilleur temps, à défaut du premier.

Si le vainqueur des runs n’est donc pas le même skipper sur ces deux sessions de sprints, c’est en revanche le même bateau qui signe les plus beaux chronos des Runs Azimut. C’est donc au plan Verdier, développé par l’équipe de Charlie Dalin et de Mer Concept, qu’appartient ce doublé.

Best Run Azimut 2024 : Charlie Dalin sur Macif Santé Prévoyance à 28,6 nœuds de moyenne

Best Run Azimut 2025 : Sam Goodchild sur Macif Santé Prévoyance à 25,9 nœuds de moyennes