Sam, Loïs, Justine et les autres

L’accueil pluvieux n’y change rien. De retour de mer, les marins font des phrases, surtout ceux qui terminent sur le podium, bouquets et bouteilles de champagne à la main ! Morceaux choisis des déclarations du podium de ces 48 Heures Azimut.
Sam Goodchild et Loïs Berrehar vainqueurs sur Macif Santé Prévoyance
« Le bateau est génial ! »
Loïs : Nous avons réussi à faire notre route, notre petite mise en place, trouvé nos petits automatismes. Pour nous, c’était trop bien comme course, c’était parfait de pouvoir reprendre le lead, le garder et se régler tous les deux. Moi j’ai passé un super bon moment, une super course, c’est hyper positif.
Sam : Oui c’était fluide, pas compliqué, les discussions étaient faciles, la prise de décision aussi. On n’a jamais été inquiets, mais frustrés c’est vrai du mauvais départ. Après on est allé gratter des dixièmes de milles et on a réussi à doubler Charal juste après la 2ème marque et Teamwork juste avant donc on est contents mais on n'a jamais stressé. Pour nous c’était la reprise du bateau en double après les chantiers d’été et nos petites vacances en Méditerranée (référence à leur participation à the Ocean Race Europe NDR) donc voilà c’était la reprise en mer avant la Transat Café l’Or qui arrive très vite donc on est super contents de signer une victoire et d’arriver à bien travailler ensemble.
Lois : Nous avons toujours cru en notre truc, on a profité d’être là, on a été appliqués et ça l’a fait. On a aussi une bonne arme hein ?! Le bateau est quand même assez exceptionnel et c’est cool de réussir à le placer devant.
Sam : Le bateau est génial ! Jean-Yves (Gau, le boat captain) disait quand il nous a rejoints à bord que c’est la cinquième régate que Macif Santé Prévoyance gagne d’affilée donc c’est quand même une arme incroyable. On l’a pris en main y’a pas si longtemps donc on apprend encore tous les jours. Y’a des choses qu’on a vues sur cette course qu’on n’avait encore jamais vues, on en tire des apprentissages.
Lois : C’est sûr qu’on surveillait pas mal Charal car ils se sont beaucoup entraînés cet hiver et dans toutes les navigations qu’on a pu faire. On a beaucoup été au contact avec eux. Teamwork a aussi super bien navigué. Et puis on a vu aussi un bateau à dérive qui s’appelait aussi Macif à son lancement s’en sortir très bien. Ça montre que dans ces conditions-là, même si on a le dernier foiler, c’est pas forcément gagné d’avance.
Justine Mettraux et Xavier Macaire, 2èmes sur Teamwok Team Snef
« On n’a pas lâché grand chose ! »
Justine : Oui, c’est top ce podium. J’avais déjà obtenu ce résultat avec Simon Fisher (en 2021) sur l’ex-Eleventh Hour donc ça me fait super plaisir de faire de nouveau deuxième sur le Défi Azimut avec Xavier. C’était une super course, je pense qu’on peut être contents de nous, on n’a pas lâché grand chose. Les conditions n’étaient pas faciles mais on a été dans le coup tout le long et c’est chouette de finir là où on a été à peu près toute la course.
Xavier : Les petits airs c’est usant mais on a réussi à bien se reposer, à bien se relayer. C’est peut être aussi la clé de la réussite dans cette course. Malgré les changements incessants, toutes les manoeuvres, le matossage, on s’en est vraiment bien sortis à ce jeu-là. C’était intense, mais on a pu rester lucides, concentrés et en forme jusqu’au bout.
Justine : On s’est fait une frayeur à mi-parcours. Une pièce qui tient l’amure du grand gennaker a cassé brutalement, donc là la voile s’est retrouvée complètement en travers de la piste…
Xavier : Ça a fait un gros choc, moi j’étais à la bannette, Justine à la barre et c’était hyper impressionnant le choc. Un instant, en sautant de la bannette, j’ai cru qu’on avait démâté ! En sortant j’ai vu que c’était embêtant mais pas aussi grave que ça. Et on a réagi vite, pu ramener la voile de 250m2 dans la soute avant en vrac. C’était un peu chaud mais on est reparti très vite.
Justine : Et nous avons pu la renvoyer vite après, au waypoint suivant. On était un peu handicapés sur la fin du bord. On a espéré qu’il y ait pas trop de changements de voile à faire mais ça n’a pas été le cas sinon on aurait perdu un peu plus de temps surement. C’est vrai que sans cette casse, qu’on ne s’explique pas encore trop, on n'aurait pas grand-chose sur la job list donc voilà , on est un peu désolés pour l’équipe technique car c’est une avarie qui entraine pas mal d’autres désagréments et du travail.
La fin était stressante, on voyait Charal quelques milles derrière et on se disait qu’il nous fallait un petit coussin avant Belle-Ile pour pouvoir les contenir. Les 6 milles n’ont pas été de trop, donc ça veut dire qu’ils sont vraiment allés très vite sur le dernier segment !
Xavier : Pour la Transat, ça veut dire qu’il va nous falloir 400 milles d’avance aux Canaries pour rester devant !! (Il rit) Bref, si on navigue aussi bien, on va pouvoir faire un bon résultat c’est sûr.
Jérémie Beyou et Morgan Lagravière, 3ème sur Charal
« Parfois, on se demandait si c'était de la régate ou de la loterie ! »
Jérémie : Le sentiment c'est que c'était bien compliqué. On a eu la sensation d'avoir vraiment régaté mais de n'avoir fait avancer le bateau que les deux dernières heures ! Là, à l’arrivée, c’était pour le coup vraiment super sympa. Le bateau était à 27 nœuds, au-dessus de l’eau. Et voilà, ça venait un petit peu compenser tout ce qui s'est passé avant où c'était quand même très mou et puis c'est pas forcément la qualité première de notre bateau. Mais on a essayé de tout donner et puis l'objectif c'était de ne pas se faire décrocher et d'essayer d'être pas loin des premiers avant ce fameux dernier bord. Cette nuit, on a un peu pris la foudre dans les orages. Les deux de devant se sont un peu barrés, on était un peu trop loin. On s'est quand même régalés, on était là aussi pour s'entraîner. On a vu plein de choses positives.
Morgan : A un quart d’heure près, on aurait pu gagner une place c’est vrai. Mais Justine et Xavier ont mérité leur classement. Ils ont clairement été... aux avant-postes quasiment du début à la fin. Comme le disait Jérémy, c'était une course quand même assez particulière. On a pas mal piétiné un peu dans les conditions un peu légères. Parfois, on se demandait c'était de la régate ou de la loterie. Mais c'est vrai que sur la fin, on a réussi à tourner un peu cette page-là. Malgré tout, on était là pour s'entraîner. On a un gros événement en fin d'année la Transat Café l’Or, on était là aussi pour travailler dans le cadre de cette préparation-là. Donc voilà, je pense qu'on est servis malgré les conditions, on a pu voir pas mal de choses, de petits apprentissages, ça fonctionne bien à bord. Et puis, ça nous motive pour la suite et c'est presque bien de ne pas avoir gagné, on se réserve pour la suite…
Jérémie : Les échanges sont assez fluides avec Morgan. On s'est bien régalés aussi avec Yann (Riou, l’OBR) Il a toujours le bon mot quand on a besoin. Ça fonctionne bien, ça peut encore mieux fonctionner. C'est le but de cette course-là, de roder les équipages, il ne reste pas beaucoup de temps d'ici la Transat Café l’Or, mais on va employer le temps qu'il reste à progresser sur le duo et sur le bateau. Par exemple, sur le maniement du spi, on a des petits progrès à faire, c’est plein de petits détails qu’il faut soigner pour faire mieux.