Y a d’la joie !

Après l’arrivée de Davy Beaudart (Bureau Vallée) à 1 h 05 cette nuit, c’était au tour de Nicolas d’Estais de passer la ligne à 7 h 44. Le skipper de Café Joyeux clôture ces 48 Heures à rallonge. Une dernière arrivée symbolique, plus de deux heures avant le temps limite, qui démontre qu’il faut se fier aux fichiers météo, mais pas trop
« Je n’ai jamais été aussi heureux de finir dernier d’une course ! Enfin, dernier classé. » Ce sont les premiers mots de Nicolas d’Estais ce matin à Lorient La Base, délivré d’une course contre la montre qui n’était pas gagnée d’avance. Traits tirés mais grand sourire, le skipper de Café Joyeux aurait bien voulu prolonger « le joli match » avec les autres bateaux à dérives, tout en « comprenant leur décision de s’arrêter ».
« Heureux d’avoir enquillé tous ces milles », c’était aussi le sentiment de Davy Beaudart qui le précédait cette nuit. C’était la première course en solitaire pour le skipper de Bureau Vallée qui rendait hommage en arrivant aux leaders de la course, « des extra-terrestres » selon lui, qui placent le curseur très haut.
Après une douche et un petit déjeuner bien mérité, les deux skippers re-décolleront du ponton à 11h00 pour le Tour de Groix dont le départ sera donné à 12h30. Le dicton Qui voit Groix, voit sa joie sonne juste ce matin sur le 16ème Défi Azimut Lorient Agglomération !
Davy Beaudart, 8ème des 48 Heures Azimut
« C’est ma première course en solo en IMOCA et c’était génial je me suis régalé du début à la fin. C’était très varié, le bateau allait bien et il est nickel, j’ai fait attention à lui, car ce sont des bateaux fragiles. Nous n’avons remis à l’eau qu'il y a quinze jours. Les bateaux de devant, ce sont des extra-terrestres. Bien sûr la météo faisait l’accordéon mais la nouvelle génération a passé un cap, c’est très impressionnant. Moi, je suis encore en apprentissage, mais le solitaire j’adore ça ! J’ai transpiré des litres et des litres sur la colonne. Tu t’habilles pour ne pas avoir froid, tu moulines, tu transpires et tu n’arrêtes pas de te changer, il faut avoir un dressing de conséquence ! Je suis en pleine forme et ça tombe bien, parce qu’il y a une régate à faire tout à l’heure, avec toute l’équipe dans des conditions légères et agréables »
Nicolas d’Estais, 9ème des 48 Heures Azimut
« Je n’ai jamais été aussi heureux de finir dernier d’une course ! Enfin dernier classé. La course a changé au milieu et s’est transformée en contre la montre. C’est une autre forme d’engagement et je suis super content d’avoir enquillé tous ces milles. Psychologiquement, c’était tendu mais j’avais un bon coach mental avec Coline (Béal, OBR) à bord, on se connait bien. Le final est une très belle surprise car hier, aucun routage ne passait et je loupais même le Tour de Groix. Au passage de Penmarc’h cette nuit, lorsque ça devait mollir, le vent a finalement tenu et je me suis dit « donne tout, donne tout » et au final, le vent est tombé à 500 mètres de la ligne d’arrivée.
C’est dommage que les copains se soient arrêtés au milieu mais je comprends pourquoi ils l’ont fait. J’espère que ce sera plus simple l’année prochaine. Car au début, y avait du match. On passe à trois en 1,5 milles à BXA, il a fallu enchaîner les manoeuvres, c’était chaud.
Cet après-midi pour le Tour de Groix, une ancienne skippeuse du bateau, Clarisse (Cremer) nous accompagne. J ‘espère qu’elle va nous montrer des petits tips, même si je risque de ne pas être très réveillé ! C’est surtout Simon (Koster) qui va assurer la conduite du bateau et j’espère qu’on va bien marcher pour finir devant nos adversaires directs »