Vivement dimanche !

Pas de ligne d'arrivée pour eux, mais des milles engrangés. Sébastien Marsset, Manu Cousin, Pierre-Louis Attwell et Armel Tripon ont posé pied à terre ce samedi avant de finir le parcours des 48 Heures Azimut. Place désormais au Tour de Groix.
En dépit de la frustration, ils gardent la satisfaction d’avoir livré bataille et tirent des enseignements plein les voiles, précieux pour la suite.
Tous ont désormais en tête la Route du Rhum, mais l’actualité est de mettre le cap sur le Tour de Groix, troisième acte du Défi Azimut Lorient Agglomération qu’il apprécient partager avec des invités et des partenaires. Rendez-vous demain à 13 heures sur le plan d’eau lorientais qui fera l’objet de toutes les convoitises.
Armel Tripon (Les P’tits Doudous) : « Forcément, j’ai appris plein de choses. Cela fait cinq ans que je n’ai pas couru en solitaire, et il n’y a rien de mieux que de faire des courses pour s’entraîner. J’ai un manque cruel de navigations, de repères dans les réglages, d’automatismes dans les manœuvres, etc. Cela m’a permis de continuer à bien comprendre ce bateau. C’est très positif, mais cela reste très frustrant d’avoir tout de suite perdu le contact, parce que c’était vraiment la course où il ne fallait pas être derrière. J’ai fait une erreur au départ qui m’a sorti du jeu direct. J’ai peut-être manqué aussi de lucidité. Le bateau a un vrai potentiel avec de bonnes speed, mais je n’ai pas un jeu complet de voiles et j’ai des trous. Cela reste aussi un bateau de portant qui aime bien quand il y a un peu plus de mer. Reaching, mer plate, ce n’est pas là où il est le plus à l’aise pour tirer mon épingle du jeu. J’ai juste cassé des petits trucs que je voudrais réparer d’ici demain pour ne pas hypothéquer le Tour de Groix. »
Sébastien Marsset (Foussier) : « Je suis super content de la navigation que j’ai faite, la descente était super sympa avec le régate entre bateaux à dérives. Il y avait du contact et ça jouait. En termes d’expérience sportive en vue de la Route du Rhum, c’est très satisfaisant, mais en tant que sportif ne pas finir une course, c’est très désagréable. Ne pas être classé en terminant hors-temps, ou ne pas respecter mes engagements de dimanche vis-à-vis de mes partenaires pour finir hors temps le parcours, ce sont le deux seuls choix que j’avais. Cela m’a semblé plus dommageable de rater le Tour de Groix demain. »
Manu Cousin (Coup de Pouce) : « Je termine sur un sentiment mitigé. Je suis content parce que je viens de faire 48 heures de navigation sur mon bateau. Et c’est presque mon nouveau bateau, parce qu’il y que tellement de nouvelles évolutions apportées cet hiver, avec les foils notamment. De ce côté là, c’est hyper positif parce que ce type d’épreuve, c’est beaucoup d’apprentissage. Mais je suis également hyper frustré de ne pas finir une course du championnat. J’adore le Défi Azimut Lorient Agglomération qui nous permet aussi de faire venir nos partenaires, et qui nous permet de partager des images extraordinaires, comme celles des runs du mercredi. C’est pourquoi j’ai pris la dure décision d’arrêter pour arriver à temps, parce que ce soir j’attends des partenaires. Demain, on va se faire plaisir autour de Groix, et je ne voulais pas passer à côté de ça.
J’ai loupé mon départ et je ne m’en prends qu’à moi. On savait très bien que la première descente était primordiale pour la suite, et ma position vient de là, et je m’en prends qu’à moi-même. Ceux qui sont partis en avant sont partis avec un angle de vent optimum. Derrière - et cela s’est jouté à un quart d’heure - on s’est retrouvé avec du vent plein vent arrière. On a loupé le coche pour faire de la route en progressant à toute petite vitesse. »
Pierre-Louis Attwell (Résilient) : « Première course du circuit IMOCA. C’est hyper impressionnant d’être avec tous ces grands noms et ces grands champions. On a commencé par une super bagarre avec notre groupe de bateaux. Les premières 24 heures ont été hyper intenses. Si j’ai dormi 10-15 minutes en tout, c’est le bout du monde. On fait une enroulée à la bouée BXA à vue avec trois bateaux. Ensuite, dans la dorsale, cela s’est un peu dispersé. Je suis plutôt rassuré de mon placement dans la flotte et de ma capacité à bien faire avancer ce bateau. Ensuite, les routages étaient assez clairs sur le fait qu’on aurait eu du mal à finir demain. C’est toujours frustrant de ne pas aller au bout d’une course et de passer la ligne d’arrivée proprement. Mais ce que je retiens, c’est du plaisir et de l’expérience… »